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Enseignement : augmentation du niveau des examens

Jun 28 2012, 23:56pm | Publié par Collectif des parents d'élèves du conservatoire de Puteaux dans enseignement

Un parent d'élève soulève le problème de "l'augmentation du niveau des examens en décalage avec les cours suivis pendant l’année, ainsi que, de façon corrélée, une élévation importante du taux d'échec aux examens, que d'ailleurs un grand nombre d'élèves ne veulent plus passer."

Cette question soulève un problème important. Pour comprendre le fonctionnement des études à l'intérieur d'un conservatoire, il faut savoir que les examens n'ont lieu qu'en fin de cycle (en moyenne tous les 3 ans ).

Nous avons tous en tête le principe de fonctionnement des études scolaires. Dans l'éducation nationale, chaque année, le passage d'un niveau à un autre est décidé par le professeur et validé par le chef d'établissement. Dans un conservatoire, ce n'est plus le cas. Dans un conservatoire, les examens n'ont lieu que très rarement. Si l'on transposait cette méthode dans l'éducation nationale cela donnerait un examen seulement au moment où l'on change d'école par exemple entre la maternelle et l'école primaire, entre l'école primaire et le collège etc...

Ce système qui assure une grande souplesse à l'intérieur du cycle doit, toutefois, être réalisé dans un temps imparti. Le premier cycle ne peut en général dépasser 5 ans sauf cas exceptionnel. Les examens de fin de cycle sont déterminants car ils peuvent conduire les enfants à poursuivre ou à arrêter leurs études. Il est important de signaler que toutes ces précisions doivent être consignées dans le règlement pédagogique (ou le règlement des études). Ce document accompagne le règlement intérieur. Il est signé par chaque parent au début de l'année scolaire. Si dans le règlement des études ces indications ne sont pas précisées, les parents d'élève et leur(s) délégué(s) doivent se rapprocher de la direction.

Bien évidement chaque système a ses avantages et ses inconvénients. La souplesse réelle de ce système entraîne aussi plusieurs problèmes. Tout d'abord des désillusions :

Même si dans ce système l'enfant peut avancer à son propre rythme, il doit tout de même être capable de passer l'épreuve qui lui permettra de changer de cycle. Il n'y a pas de mystère, seul ceux qui travaillent régulièrement et qui appliquent les consignes que leur donnent leurs professeurs en cours, peuvent espérer réussir cet examen. Dans cette optique, le rôle du professeur est essentiel. Alors que les élèves n'ont plus d'examen annuel, les auditions, les évaluations, les concerts, les projets d'enregistrement de CD ou DVD avec l'équipe pédagogique, les concours régionaux ou nationaux, les cours collectifs, les manifestations pluri-disciplinaires sont autant de moyen proposés par le professeur pour motiver l'élève. Pour un instrumentiste, il ne faut pas diaboliser l'examen. Il faut le considérer comme un concert face à des auditeurs de qualité qui viennent avant tout pour prendre du plaisir.

L'autre inconvénient de ce système est le manque de lisibilité sur les effectifs réels. Prenons le cas d'un département comme le piano. Si sur 400 élèves inscrits dans ce département seuls 10 élèves passent leurs examens de fin de cycle, inévitablement la question économique se pose. En effet si on multiplie 10 par 4 (10 le nombre d'élève en moyenne qui en quatre ans passe leur fin de cycle et 4 le nombre moyen d'année nécessaire pour passer une fin de cycle) on s'aperçoit que sur 400 élèves, seulement 10% peuvent suivre le parcours musical que le conservatoire est censé leur proposer. Du coup, la question économique se pose. Combien la commune et le ministère doivent injecter dans ce projet sachant qu'en fait seulement 10% des élèves sont concernés non pas par le projet musical mais par le projet du cursus musical à l'intérieur d'un conservatoire ? En effet, on peut penser que pour découvrir la musique ou suivre un atelier, il n'est pas forcément nécessaire d'intégrer un conservatoire. Les frais de fonctionnement d'un centre de loisir ou d'un conservatoire ne sont pas les mêmes.

Pour revenir au problème du conservatoire et du cursus à l'intérieur de cette structure, l'examen de fin de cycle est souvent sous-estimé. Dés la première année, les objectifs doivent être clairement identifiés et affichés par le professeur. Ce n'est que dans ce cadre que l'on peut concevoir la souplesse évoquée plus haut.

Aujourd'hui, à Puteaux le projet du nouveau conservatoire pousse les professeurs à avoir plus d'exigence. Non pas par caprice, mais dans une volonté de trouver un niveau plus en phase avec les exigences que le ministère de la culture attend d'un conservatoire subventionné. L'idéal étant qu'en troisième cycle l'élève s'il le désire, puisse intégrer un Conservatoire à Rayonnement Régional (C.R.R.) ou un Pôle Supérieur sans avoir à passer deux ou trois ans pour se mettre à niveau.

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1 - Un examen peut prendre la forme d'une audition, d'un entretien, d'une épreuve de déchiffrage bref d'un ensemble d'épreuves qui permettent à des spécialistes venus de l'extérieur de vérifier les acquis d'un élève. En général le jury est présidé par le directeur du conservatoire ou son représentant.

2 - Je dis en moyenne car en 2ème cycle, il y a souvent un examen de milieu de cycle. Par contre se sont bien les examens de fin de cycle qui sont déterminants. Les examens de fin de cycle ont lieu à peu près tous les 4 ans;

3 - Bien évidement, sur ce point, le problème de la formation musicale reste entier.

4 - Ces chiffres sont pris au hasard

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